L'HOMME FOSSILE (HOMMAGE A SERGE REGGIANI).

L'HOMME FOSSILE (HOMMAGE A SERGE REGGIANI).



Serge Reggiani
L'homme fossile
Paroles et Musique: Pierre Tisserand

V'là trois millions d'anes que j'dormais dans la tourbe
Q
uand un méchant coup d'pioche me trancha net le col
E
t me fit effectuer une gracieuse courbe
A
la fin de laquelle je plongeai dans l'formol
D'abord on a voulu m'consolider la face
On se mit à m'brosserchoire et temporal
Suivit un shampooing au bichromat' de potasse
P
uis on noua un' faveur autour d'mon partal

Du jour au lendemain je devins un' vedette
Journeaux tévision y'en avait que pour moi
Tant et si bien du rest' que les autres squelettes
Se jugeant laissés me battaient un peu froid
Enfin les scientifiqu's suivant coutumes et us
Voulant me baptiser de par un nom latin
M'ont appelé Pitcanthropus Erectus
Erectus ça m'va bien moi qutais chaud lapin

Et ces messieurs savants à bottin's et pince-nez
Sur le vu d'un p'tit os ou d'une prémolaire
C
omprirent que j'posdais de sacrées facultés
Qui me difrenciaient des autres mammifères
Il
s ont dit que j'étais un virtuos' du gourdin
Q
ui assommait bisons aurochs et bonn' fortune
Que j'étais drôl'ment dopour les petits dessins
Denus callipyg' aux tétons comm' la lune

Ils ont dit que j'vivais jadis dans une grotte
Ils ont dit tell'ment d'choses tell'ment de trucs curieux
Q
u'j'étais couvert de poils et qu'j'avais pas de culotte
Alors que j'habitais un pavillon d'banlieue
J'étais comm' tout le mond' pétri de bonn's manières
Tous les dimanch' matins je jouais au tier
Je portais des cols durs et des bandag's herniaires
C'était avant la guerr' avant qu'tout ait sauté

C
'était voi maint'nant bien trois millions d'années
Vous n'avez rien à craindre y a plus de retombées

# Posté le lundi 15 janvier 2007 10:55

Modifié le jeudi 01 février 2007 17:54

L' HOMME A LA DOUBLE IDENTITE (HOMMAGE A SERGE GAINSBOURG)

L' HOMME A LA DOUBLE IDENTITE (HOMMAGE A SERGE GAINSBOURG)


P' tit Lulu, une étoile jaune sur le coeur
P'tit Lulu, nuit froide ou jour d'horreur
P'tit Lulu, aujourd' hui tu n'es plus:
Le p'tit Lulu d'autrefois.

Dans tes rêves, tu revois,
Ceux que tu as connus.
De la musique de ton piano
Tu as fait danser Bardot,
Chanter la divine: Jane Birkin.

Un doigt de génie et un doigt d' alcool
dans un cocktail de mélodies
U
n mélange de chansons frivoles
D' Amour et de Poésies.

Mais quand Gainsbarre de toi, s'empart
Aussitôt, tu repars
Sur le Boulevard
Du sexe et du désespoir.

Envies suicidaires d' un Beethoven sourd;
Paris éclaire ce génie de gainsbourg.

# Posté le lundi 15 janvier 2007 11:10

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 09:07

Images et mots

Images et mots


Que serait Pierrot sans sa lune ?
Que serait une plage sans dunes ?
Que serait une phrase sans un mot ?
Que serait une histoire sans héros ?

Que ferait Pierrot avec une dune ?
Comment danseraient les vagues sur la lune ?
Pourquoi pas une phrase avec un héros ?
Ou une histoire avec un mot ?

# Posté le lundi 15 janvier 2007 11:52

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 09:07

Le bateau ivre (Arthur Rimbaud)

Le bateau ivre (Arthur Rimbaud)





LE BATEAU IVRE


Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs:
De
s Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'
étais insoucieux de tous les équipages,
Po
rteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre je voulais.
Dan
s les clapotements furieux des marées,
M
oi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je
courus ! Et lesninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La
tempête a béni mes éveils maritimes.
Plu
s léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Q
u'on appelle rouleurs éternels de victimes,
D
ix nuits, sans regretter l'½il niais des falots !
Plu
s douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'
eau verte pénétra ma coque de sapin
E
t des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et
, dès lors, je me suis baigné dans le Poème
D
e la mer, infusé d'astres, et lactescent,
vorant les azurs verts; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et
rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fer
mentent les rousseurs amères de l'amour !
Je
sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et
les ressacs, et les courants : je sais le soir,
L
'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Il
luminant de longs figements violets,
P
areils à des acteurs de drames très-antiques
L
es flots roulant au loin leurs frissons de volets!



J'a
i rêla nuit verte aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et
l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs!
J
'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hyst
ériques, la houle à l'assaut des récifs,
San
s songer que les pieds lumineux des Maries
Pus
sent forcer le mufle aux Océans poussifs!
J'ai
heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
M
êlant au fleurs des yeux de panthères à peaux
D'homm
es ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux!
J'a
i vu fermenter les marais énormes, nasses
Où p
ourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des
écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et
les lointains vers les gouffres cataractant !
Glacie
rs, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échou
ages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
C
hoient, des arbres tordus avec de noirs parfums !
J'a
urais voulu montrer aux enfants ces dorades
D
u flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
-Des
écumes de fleurs ont béni mes dérades
Et d'in
effables vents m'ont ailé par instants.
Parfo
is, martyr lassé des pôles et des zones,
L
a mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Mo
ntait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et
je restais, ainsi qu'une femme à genoux ...
P
resque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et
les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds,
E
t je voguais, lorsqutravers mes liens frêles
D
es noyés descendaient dormir à reculons!

Or
moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
M
oi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau;
Li
bre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qu
i porte, confiture exquise aux bons poètes,
D
es lichens de soleil et des morves d'azur,
Qui
courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Qua
nd les juillets faisaient crouler à coups de triques
Le
s cieux ultramarins aux ardents entonnoirs;
Mo
i qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
L
e rut des Béhémots et des Maelstroms épais,
F
ileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !
J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Millions d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?
M
ais, vrai, j'ai trop pleu! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonf de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !



Si
je désire une eau d'Europe, c'est la flache
No
ire et froide où, vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi, plein de tristesses, che
Un bateau fle comme un papillon de mai.
J
e ne puis plus, baigde vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
N
i nager sous les yeux horribles des pontons !

Ar
thur Rimbaud

# Posté le lundi 15 janvier 2007 11:57

Modifié le lundi 05 février 2007 17:15

LES MANTEAUX DE GIVRE !!!!

LES MANTEAUX DE GIVRE !!!!


Emmitouflés dans leurs manteaux de givres, les arbres se protégaient des rayons chauds du soleil !

# Posté le lundi 15 janvier 2007 12:06

Modifié le lundi 05 février 2007 17:16